Le blog des Chevaliers d'Apollon

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Portraits de personnages

Mais qui sont les héros des Chevaliers d'Apollon ? 

Quelques réflexions de l'auteur...

 

Tous les personnages des Chevaliers cherchent à sublimer leur quotidien morose et à trouver leur place dans l’univers.

Ils sont en quête de quelque chose de plus, un Graal qu’ils trouveront peut-être dans les voyages, l’art, la beauté, la musique. Ils ont pour caractéristique d’avoir l’esprit très ouvert, d’être très cultivés et de ne pas se prendre trop au sérieux  (sauf Marsyas.) Ce sont des citadins cultivés et fantaisistes. Ce sont tous à leur manière des artistes, avec des sensibilités différentes.

 

Maria

Maria est une extraterrestre qui cherche le Vaisseau Mère. Elle ce qu’elle veut et ce qu’elle aime mais ne parvient pas à le faire coïncider avec sa vie en société. C’est donc une marginale. La société, les gens qu’elles croisent, sont perplexes à son sujet. C’est un être différent qu’ils ne parviennent pas à cerner. 

Elle cherche à trouver sa place dans le monde mais aussi à comprendre pourquoi la beauté et l’harmonie sont si nécessaires à son équilibre.

Elle part en quête de la beauté dans un monde qui lui paraît souvent bien hostile. Elle se heurte à la médiocrité, la laideur, la vulgarité qui se cachent sous les masques de l’actuel impératif de tolérance. Elle s’oppose au relativisme et revendique le droit d’avoir une opinion, de juger et de hiérarchiser, de penser que Mozart, Verdi ou Wagner valent plus que Jay Z ou Christophe Maé, ou Booba ? Qui est-elle pour distinguer ce qui est beau ou laid ? lui réplique-t-on. « Tous les goûts sont dans la nature. » On lui concède le droit d’aimer la musique classique uniquement sous la condition expresse qu’elle ne s’érige pas en juge et qu’elle soit prête à être « ouverte » à la « diversité musicale ». Mais comment admirer sans estimer supérieur l’objet de son admiration ? 

Elle se réfugie alors dans des havres de paix, des asiles de beauté. Mais même dans ses chères salles d’opéra, la laideur la rattrape, introduite par des metteurs en scène qui prétendent « moderniser » cet art et introduire dans les opéras tout ce que le monde a de plus laid. Maria a des réactions violentes à ce sujet car cette laideur se pose en obstacle à l’expérience mystique, l’extase, qu’elle recherche à l’opéra.

La laideur de ce qu’elle voit entre en conflit avec la beauté de ce qu’elle entend. En outre, l'extrême intellectualisation de ces productions qui confine souvent à l'absurde est nuisible à l’intensité et à la qualité de l’expression dramatique. Une mise en scène incompréhensible nuit à l’intérêt pour l’histoire et la situation. Maria ne parvient plus à entrer dans l’histoire, à souffrir, à aimer, à rire avec les personnages. 

 

Le roman se présente donc comme une sorte de quête du Graal dans la société contemporaine. Au cours de cette quête, l’héroïne Maria trouvera progressivement sa voie et apprendra à s’accepter. Sa vie prend progressivement un sens. Son amour pour Wolfgang lui apportera également l’épanouissement physique et émotionnel.

Sa quête lui permettra de resserrer ses liens avec ses amis, mais aussi de réfléchir au pourquoi de ses émotions, lui faire comprendre qui elle est et ce qui la rend différente. Elle comprend qu’elle n’est pas anormale ni inadaptée : ce sont peut-être même les autres qui n’ont rien compris. Elle décide finalement de se battre pour faire valoir sa vision du monde et entreprend une lutte pour la beauté sonore, visuelle et contre la laideur.

 

Wolfgang von Schwangau

Wolfgang, le ténor star (qui est un mélange de plusieurs ténors en vogue...) a trouvé sa place dans le monde. Il est né dans le Vaisseau Mère et il en est un peu le capitaine. Il est dans son univers sans se soucier du reste, faisant vivre la musique des Anciens. C'est Apollon et le Chevalier au Cygne. 

Pour ses fans, c’est un Dieu, Dieu de la musique et de la Beauté, celui qui leur offre la possibilité d’échapper à la laideur. 

Rappelons que pour Platon, Apollon était le dieu qui devait guider le genre humain : c'était le dieu de la « maîtrise de soi dans l’enthousiasme », de l’alliance de la passion et de la raison.

 

Henri

c'est un retraité qui n'a plus rien à prouver au monde, qui a beaucoup travaillé, et qui maintenant, a décidé de profiter de la vie et des bonheur qu'elle peut lui offrir, sans se soucier du regard des autres. Il est libéré du monde !

 

Amédée

Amédée cherche sa voie dans la musique, les nouvelles expériences artistiques et scéniques et les cultures orientales. Amédée et Julien sont dans la pensée « art contemporain », ils sont très cultivés et un peu blasés et sont fascinés par ce qui choque. Ils cherchent à être surpris, provoqués, bousculés. Ils ont un rapport plus intellectuel au spectacle, par opposition à Maria, Henri qui ont une approche plus sensible.

 

Ils sont toutefois réunis dans une même passion pour les voix et la musique. 

C’est ce qui fait le charme de ces personnages. Il y a en eux, en particulier chez Maria, une sorte de fantaisie joyeuse (qui va sans doute à l’opposé de l’image que l’on peut se faire de l’amateur d’opéra.) Ils cherchent la beauté partout : dans la musique, le chant, les villes qu’ils visitent, les paysages, l’harmonie des formes, tout ce qui plaît aux sens. 

 

On m'a un jour demandé si mes personnages d'amateurs d'opéra n'étaient pas un peu exagérés. Je peux vous assurer que non ! Beaucoup des anecdotes citées dans le livre sont réelles...

 

Marsyas

L’agent artistique de Miss Lilith est le seul personnage du roman qui ne soit pas inspiré d'une manière ou d'une autre d'une personne réelle. Il a été conçu comme étant le "méchant" de l'histoire, mais il se trouve être au final, plutôt sympathique. 

Il est très intelligent et curieux du monde qui l’entoure mais celui-ci ne lui apporte que des déceptions et il reste blasé et insatisfait, cherchant en vain le frisson qui pourrait le libérer de son ennui.

Marsyas n’a pas eu la révélation de l’art et de la musique classique. Son expérience a été un échec qui conduit à un blocage, un rejet. Contrairement aux autres personnages, il n’est pas capable de percevoir la beauté dans un monde qui lui paraît uniquement absurde et laid. Il veut donc croire qu’il doit forcément y avoir quelque chose ailleurs, quelque chose d’a priori inaccessible au commun des mortels. 

Il a tout essayé :  les expériences fortes, les drogues, maintenant, il essaie le pouvoir du son, pour créer un état de transe, personnelle et à l'échelle mondiale. Il veux générer une sorte d’énergie collective qui permettrait de briser les barrières.

Il suit notamment les théories des anciens Cathares selon lesquelles, le Dieu Yahvé aurait enfermé l'homme dans une prison de chair, une prison matérialiste. Lucifer, le porteur de Lumière, tenterait lui de les libérer, de libérer leurs âmes. 

 

Marsyas dispose d'un levier exceptionnel du fait des musiques actuelles sonorisées diffusées de manière standardisée au niveau mondial. Grâce au succès de sa protégée Miss Lilith, pur produit marketing, il peut galvaniser les foules, utiliser les vagues d'énergie nées du volume sonore et de l'excitation des foules, le pouvoir de l’énergie de milliers de personnes qui vibrent à l’unisson d’une même musique pour créer une transe à l'échelle mondiale. Il peut également diffuser au niveau mondial les messages lucifériens présents dans ses clips. 

 

Ne parle-t-on du pouvoir de la pensée positive et de la prière collective ? C'est le même principe qu'utilise Marsyas, une gigantesque invocation à Lucifer au niveau mondial.


Tout cela découle de l'idée que le son pourrait avoir un pouvoir sur le monde matériel. Nous sommes en permanences traversés par des ondes. Le monde lui-même est constitué d’ondes. Les ondes sonores en font partie, elle ont donc un impact direct sur le corps. (Voir l’article à ce sujet : le pouvoir du son sur la matière.)

 

Le projet de Marsyas est également en lien avec une théorie du complot très répandue selon laquelle les industries du disque et du film feraient passer des messages subliminaux. Il s'inscrit également dans la théorie de la matrice (voir le film Matrix), selon laquelle le monde dans lequel nous vivons ne serait pas réel, mais le projet d'une pure création. Les humains seraient enfermés dans une sorte de monde virtuel, artificiel, duquel il faudrait se libérer. 

 

Marsyas fait un usage conscient de tout cela : en utilisant le pouvoir du son il veut faire exploser la matrice, ouvrir les portes du monde. Mais en invoquant Lucifer, c'est plutôt Satan le destructeur qu'il a libéré...

 

Marsyas à Lilith :

"Tu sais que les ondes musicales ont un pouvoir immense sur le corps. Si tu les utilises efficacement, tu peux mettre le corps dans un certain état vibratoire qui va décupler tes facultés et faire littéralement exploser les barrières

Je crois en la puissance de la musique, car elle parle directement à notre corps et peut l’inciter à dépasser ses limites, elle est à l’origine de la Création, elle est puissance de vie et de mort. C’est une masse d’énergie exponentielle qui se diffuse dans l’univers et qui pourra, je l’espère, repousser les limites de notre univers et percer l’écran de la réalité visible."

  

Miss Lilith

Lilith est une chanteuse, compositeur de musique pop, mais c'est surtout un produit marketing créé de toutes pièces par Marsyas, très recherché, travaillé. Le public est précisément ciblé. Elle est fascinée par mon mentor, même sil elle ne le comprend pas toujours très bien, mais elle va progressivement réaliser qu’elle n'est qu'un jouet, qu’elle a perdu son libre arbitre. 

 

 

Richard Wagner

 

Le livre évoque une partition (imaginaire) de Richard Wagner divisée en trois parties, les Tiers et adaptée du "Récit du Graal" de Lohengrin. Le compositeur aurait trouvé la porte vers un autre univers, le monde de la beauté et en aurait laissé la clef. Les « Tiers » ont donc une dimension symbolique. Cette part de beauté, Friedlinde Wagner, sa petite fille (la douceur de la paix), l’aurait arrachée aux mains des nazis en se réfugiant aux Etats-Unis, de même qu'elle a tout fait pour réhabiliter la mémoire et la musique de son grand-père et en purifier la beauté. 

 

Une part de cette beauté est échue à Marsyas qui n’a pas su quoi en faire...

 

 

Julia Le Brun

 



06/07/2016
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